Albane Paillard-Brunet

Albane a choisi de poser son chevalet en Chartreuse, sur le Plateau des Petites Roches.

ECRITS ET ARTICLES DE PRESSE

Il est des vides dont elle fait des pleins. De ce qui n’est plus, il en est encora. Spectre apaisant de l’absence. La vie palpite dans un délié de silences organiques. En creux, l’ombre portée, les gousses vides et le tissage aimant de fêlures. En plein, l’empreinte des nids, les gouttes de temps et les chapelets de cellules qui s’éprouvent.

Comment l’absence devient matière, comment le mouvement se fige en lumière ou comment la blessure perle et, dans une salve réparatrice, se fait t e r r e .

Rai poudré de neige

Goûte les sourdes forêts

Ivres de nos songes

Marie Coussa


A quelques dizaines de mètres de l’atelier d’Albane, se trouve un magnifique parc de frênes dont certains sont centenaires. Dernièrement, une soixantaine d’entre eux ont été abattus. Un silence soudain a envahi le travail de l’artiste. Aujourd’hui, elle nous donne à voir une peinture de la disparition et de la résilience.

On pénètre dans les bois d’Albane comme on retrouve le chemin de l’enfance, avec timidité, angoisse peut-être, émerveillement assurément. En réalité, ces arbres viennent plutôt à vous, puissants et délicats à la fois : au premier regard, vous avez été aspiré par la clarté des troncs autant que par les aplats sombres qui les enveloppent. Et derrière ce fatras sublimé, l’éclat lumineux d’un rayon de soleil, aussi indispensable que précaire.

L’aventure attend là, dans ces triptyques silencieux, entière de ses vides et de ses pelins, rompant avec les limites du réel. Si les arbres nus disparaissent derrière le flou des couches de peintuire successives ou le tissage fin du bas de nylon noir, c’est pour laisser intacte l’atmosphère feutrée du bois, intact le goût lointain de l’enfance.

Tout dans ce travail artistique autour de l’arbre, nous rappelle la puissance de nos vies, du temps de l’enfance à celui de l’oubli. Mais il nous interroge surtout sur notre rapport au vivant.

Mariette Nodet


Sous les branches

Dans des paysages bousculés par une lumière pigmentée

Se révèle l’enthousiasme du peintre éclairé

Les cadrages serrés installent une proximité complice

Que son regard déterminé invite à mettre en perspective

Ce sont les arbres qui soutiennent la Terre et le vent la fait tourner, dit-elle

Alors l’œuvre s’anime en sa présence et s’étire jusqu’au ciel

La matière subtile s’impose en reliefs mais sans contour

Dans un geste courageux, fluide mais sans détour

Feuillages denses, empreintes d’écorces en touches franches

L’artiste brosse les airs, sincère, en respirant sous les branches

Malgré l’orage, malgré la nuit, la lumière fidèle refait toujours surface

A la mort, à la vie, Albane tient ses promesses et peint l’espace qui nous rapproche. 

Pierre Berger


ARTICLE PRESSE LES AFFICHES -20 octobre 2023- Galerie Place à l’Art, Voiron

https://www.affiches.fr/?s=albane+paillard-brunet


ARTICLE PRESSEE DAUPHINE LIBERE -31 octobre 2023- Galerie Place à l’Art, Voiron

https://www.ledauphine.com/culture-loisirs/2023/10/31/l-iseroise-albane-paillard-brunet-expose-a-place-a-l-art


ARTICLE DAUPHINE LIBERE -15 novembre 2019- Exposition au Pôle artistique du Touvet

https://www.ledauphine.com/isere-sud/2019/11/15/quatre-artistes-a-decouvrir-au-pole-artistique


ARTICLE PRESSE DAUPHINE LIBERE -4 juin 2018- Exposition avec Agnès Colrat Espace Condamine, Corenc.

https://www.ledauphine.com/isere-sud/2018/06/04/albane-paillard-brunet-et-agnes-colrat-exposent-a-la-mairie


ARTICLE PRESSE DAUPHINE LIBERE -21 juin 2018- Exposition avec Agnès Colrat Espace Condamine, Corenc.

https://www.ledauphine.com/isere-sud/2018/06/21/albane-paillard-brunet-et-agnes-colrat-ont-invite-le-public-a-peindre-avec-elles


ARTICLE PRESSE DAUPHINE LIBERE -22 novembre 2016- Exposition Extravagance, Grenoble.

https://www.ledauphine.com/isere-sud/2016/11/22/l-univers-d-albane-paillard-brunet-a-decouvrir


EXPOSITIONS

  • Exposition individuelle Palpitations : échos organiques à la Galerie Place à l’Art, à Voiron, en octobre et novembre 2023
galerie place à l'art voiron lentilles cellules temps albane paillard-brunet

  • Exposition collective Cellules à la Maison des Arts de Montbonnot, en novembre 2021
nid exposition albane paillard brunet artiste lentilles oiseau
  • Exposition Trott’Art à Grenoble, en novembre 2019
cellule lentilles collant bas albane paillard-brunet installations artistiques
  • Exposition au Pôle culturel et artistique, au Touvet, novembre 2019
Albane Paillard Brunet performance avec Sandrine Rossi et Simon Drouin
  • Exposition individuelle à l’office du Tourisme de Lans en Vercors, en novembre 2019
détail murmure des oiseaux, Albane Paillard-Brunet, artsite peintre plasticienne
  • Exposition collective à la maison des Art, Montbonnot, novembre 2018
bois arbres décomposition albane paillard-brunet
  • Exposition à la Condamine, à Corenc, décembre 2018
Albane Paillard-Brunet artiste peintre expose à la condamine à Corenc
  • Exposition à l’Espace Berthelot, à Lyon, novembre 2016
Albane Paillard-Brunet artiste peintre plasticienne expose à Lyon à l'espace Berthelot avec Agnès Colrat, 2016

Après 6 ans d’études en écoles d’art (Arts Plastiques et Beaux Arts), Albane a eu la chance, dit-elle, de rencontrer en 2005 l’artiste Claude Blanc-Brude, qui l’a aidée à prendre confiance et à libérer son écriture picturale.

Elle réalise aussi régulièrement des carnets de voyage et obtient le 1er prix du festival du carnet de voyage à Grenoble en 2003.

Albane profite de ses voyages pour croquer, esquisser ou peindre le vivant comme autant de traces de ses expériences… fenêtres ouvertes sur un univers côtoyé, témoignages de la rencontre avec l’autre qu’elle affectionne tout particulièrement.


Peindre

« Peindre », vise à puiser dans le réel, l’énergie du monde et essayer de la transposer sur la toile… C’est se positionner dans la nature, prendre conscience de notre place, notre être et ce qui nous entoure. En quelque sorte, il s’agit de se connecter au monde et faire partie d’un tout.

Je peins le plus souvent dehors, en plein air…. Dans un 1er temps, j’accueille, observe, écoute, ressens. Mes pieds sont nus, bien ancrés dans le sol.

Je sens petit à petit les vibrations de la terre monter en moi, l’énergie m’envahir, me saisir, me traverser.

Je sens l’air circuler autour de moi, il me caresse les joues, j’en prends conscience. Et soudain, l’air prend une couleur.

Lentement, l’œil travaille et s’aiguise,  les teintes s’affinent et se multiplient. A ce moment-là, je ne « vois » plus mais je « regarde « .

C’est alors que peindre devient une véritable nécessité : Je « dois » peindre. Le rythme s’accélère, tout se précipite et crépite en moi, me prend, me bouscule. Mon corps vibre et je dois jeter sur la toile des coups de larges brosses, les touches se succèdent. Ça coule, ça gicle. Je griffe, je creuse, je jette. J’essuie, je racle, je pose et je juxtapose.. .

Là, j’ai tout donné et je me sens épuisée.

Alors je prends le temps de regarder ce qui est posé sur la toile et j’accepte ce qui vient de sortir de moi…

Petit à petit doit naître un lent travail de reconstruction.

Il s’agit de retrouver un ensemble harmonieux, où le vide entre en écho avec le plein, où les couleurs se répondent les unes aux autres.

Je cherche, je construis, je structure.

 Les troncs des arbres, vertigineux axes verticaux, rythment le paysage, et soulignent le lien permanent entre la terre et le ciel.

Je cherche à retrouver dans ma peinture le flux et la teneur des énergies que j’ai pu moi-même ressentir, le mouvement de l’air qui circule autour de ces arbres…cet air qui bercé par la lumière, ronge la forme d’un tronc jusqu’à en faire disparaître la ligne d’un trait de contour. 

Albane Paillard-Brunet